Belcodene : Encyclopédie communale : Le pâturage


Même si çela ne paraît plus trés évident aujourd'hui, Belcodène semble avoir été de tout temps une terre de pâturages.

XIVe siècle

Conseil municipal du 19 février 1379 :

Dans un procès-verbal du conseil municipal d'aix daté du 19 février 1379, on note des poursuites dirigées par les gens de Belcodène contre un berger d'Aix qui y avait fait paître ses troupeaux sans payer de redevance.

XVIIe siècle

Conseil municipal du 8 juillet 1691 :

...attendu que ladite communauté ne possède aucun fond, n'ayant seulement que la faculté de faire depaître leurs bestiaux dans le quartier appelé le Defens...

XVIIIe siècle

Un document dont le titre est "Dénombrement de la population et des bestiaux de toute espèce qui existent dans la commune de Belcodène", et daté du 6 Thermidor An IV ( 24 Juillet 1796 ) nous donne la liste suivante d'animaux domestiques :

XIXe siècle

1840 : L'affaire Blachet contre François Collomb.

[ Conseil municipal du 7 février 1841]
Que par exploit du 17 juin 1840 signifié au requis de M. Blachet, notaire à Aix, se disant propriétaire de la terre de Monsieur de Cabre, sise dans la commune de Belcodène, a été assigné à comparaître devant Mr le Juge de paix du canton de Roquevaire aux fins de s'entendre condamner au paiement de la somme de cinquante francs pour dommages faits par ledit Collomb, sur une terre dite du prieuré dans ledit exploit d'ajournement et dépendante de la prétendue propriété du sieur Blachet.
Le dommage allégué par le sieur Blachet consisterait en ce que le sieur Collomb, dans la journée du 7 juin, aurait, pour le faire paître, attaché son âne au quartier du Prieuré et sur la prairie dont il s'agit. Ce fait serait attesté par un verbal du garde champêtre, du même jour et qui a été signifié audit Collomb.
François Collomb a donné connaissance au maire de l'exploit à lui signifié et lui a demandé d'intervenir, au nom de la commune, devant Mr le Juge de paix, attendu qu'en faisant paître son âne il n'a fait qu'user d'un droit qui appartient, et de tout temps appartenu aux habitants de Belcodène, puisque ce terrain appartient à la commune....
...Le conseil, par ces motifs, a unanimement délibéré de demander à l'autorité supérieure l'autorisation d'intervenir dans l'instance pendante entre le sieur Blachet et le sieur Collomb, dit maune, à l'effet de faire débouter ledit sieur Blachet de ses injustes prétentions par tous les moyens de droit.

[ Conseil municipal du 25 juillet 1841]
Mr le Maire expose que sur délibération du conseil municipal du 7 février dernier, la commune a été autorisée, par arrêté du conseil de préfecture, d'intervenir dans l'instance introduite par le sieur Blachet contre le sieur François Collomb, dit maune, qui aurait fait paître son âne sur un terrain communal, et dans ledit sieur Blachet, se dit être propriétaire.
Mr le juge de paix du canton de Roquevaire, par devant qui l'affaire a été portée, a débouté ledit sieur Blachet de sa demande pour motif d'incompétence.
Il est à la connaissance de tous les membres du conseil et même de toute la population que le sieur Blachet a fait assigner de nouveau devant le tribunal de paix de Roquevaire, seize habitants aux fins de les faire condamner à des dommages pour avoir fauché, le 1er juin dernier, les herbes du susdit terrain.
La commune ayant toujours possédé ce terrain et étant dans son intérêt de ne point s'en laisser dépouiller, Mr le maire propose au conseil municipal d'intervenir, au nom de la commune, dans cette nouvelle action en se pourvoyant, à cet effet, de toutes autorisations nécessaires devant les autorités compétentes.

De nos jours..

Chaque année, au mois d'Avril, Belcodène voit arriver sur ses terres, le berger Clément Gachet et son troupeau de moutons Mérinos. Cette année 2005, ce sont pas moins de 1300 moutons qui vont se délecter de la bonne herbe de nos prairies Belcodènoises perpétuant ainsi une tradition vielle de plusieurs siècles.

Clément Gachet, ses chiens et son troupeau.

Ensuite de quoi, vers fin mai, notre berger repartira avec ses bêtes vers ses prairies Savoyardes. Il reviendra l'année prochaine avec la même exactitude.

Les moutons mérinos broutant l'herbe de Belcodène.


© Max Derouen