Belcodene : Encyclopédie communale : La mairie


Petite communauté rurale, Belcodène n'a pas toujours eu de bâtiment de mairie pour y organiser ses conseils municipaux.

Lieux de réunion.

A la fin du XVIIeme siècle, date des plus anciennes "délibérations du conseil" visibles aux archives départementales, ces réunions se tenaient traditionnellement devant ou à l'intérieur de l'église St Jacques :

[ Conseil municipal du 8 juillet 1691 ]
L'an mil six cent quatre vingt onze et le huitième jour du mois de juillet avant midi, devant l'église du terroir de Belcoidre assemblé, le conseil de la communauté dudit lieu par devant et en présence de maître Pierre Guinoard, baille,...

Parfois à la ferme de l'Albinot :

[ Conseil municipal du 4 mai 1692 ]
L'an mil six cent quatre vingt douze et le jour quatrième du mois de mai après midi, dans une des bastides du Seigneur de ce lieu de Belcoidre, tenue à ferme par Jacques Suzane, dite d'Albinot, assemblé le conseil de la communauté dudit Belcoidre,...

Ou parfois au logis de la Pomme :

[ Conseil municipal du 3 mai 1693 ]
L'an mil six cent quatre vingt treize et le troisième jour du mois de mai après midi, dans le logis de la Pomme, terroir de Belcoidre assemblé le conseil de la communauté dudit lieu...

Qui semble être devenu plus tard le lieu habituel :

[ Conseil municipal du 2 février 1766 ]
L'an mil sept cent soixante six et le second jour du mois de février après midi le conseil de la communauté de ce lieu de Belcodène assemblé dans le logis de la Pomme, lieu ordinaire ou le conseil s'assemble attendu que la communauté n'a aucun hôtel de ville, ...

Le premier Hôtel de Ville

De toute évidence, il déplaisait au conseil municipal d'avoir à se déplacer dans des lieux éloignés pour se rendre aux diverses réunions, puisqu'il décide en 1774 la construction d'un Hôtel de Ville :

[ Conseil municipal du 13 novembre 1774 ]
Sur quoi l'assemblée a unanimement délibéré d'employer le produit de la vente du susdit bois à la construction d'un hôtel de ville à côté de la succursale de la communauté, attendu qu'on est obligé de tenir conseil et de faire toutes les autres affaires de la communauté dans un cabaret.

[ Conseil municipal du 5 mars 1775 ]
il fut délibéré que le produit du susdit bois attouchant à la communauté, serait employé la construction d'un hôtel de ville, lequel serait placé à côté de la succursale de ce dit lieu et que ce ne fut qu'à cette condition que Messire de Cabre donna son consentement et Monseigneur l'intendant en permit la vente au moyen de ce, le devis estimatif a été fait par Pascal Laure, maître maçon d'Auriol, pour être mis aux enchères. Sur quoi requiert qu'il soit délibéré.
L'assemblée, lecture faite des susdites délibérations, autorisations et devis, a unanimement approuvé tout ce qui est contenu à l'exposé ci dessus, et a donné pouvoir au sieur maire consul, d'exposer aux enchères la construction de l'hôtel de ville qui sera placé à côté de la succursale de ce dit lieu, et sur le prix du devis qui en a été fait par ledit Laure et aux formes ordinaires pour la ? être faite à celui qui fera la condition meilleure de la communauté en donnant bonne et suffisante caution et c'est sous due approbation.

La construction de cet Hôtel de ville fut confiée au sieur Michel. Mais sa réalisation ne fut pas des plus satisfaisantes ni des plus rapides..

[ Conseil municipal du 5 mai 1776 ]
..Ledit sieur maire consul représente à l'assemblée que par la délivrance faite le dixième avril mille sept cent soixante cinq à François Michel du fort fait de l'hôtel de ville, lequel ouvrage devait être fini par tout le mois d'avril dernier, ce qu'il n'a pas satisfait et même qu'il ne se presse guère de le faire. De quoi il en donne connaissance au conseil pour y délibérer. L'assemblé à unanimement délibéré et donné pouvoir audit maire consul de tenir un acte de sommation audit Michel, pour l'obliger à finir son ouvrage suivant ses obligations et ce par tout le mois courant, et faute de ce faire, il est donné de pouvoir, audit maire, de prendre avis et de faire tout ce qu'il faudra pour l'y contraindre, prétextant de tous les dommages et intérêts que la communauté a souffert et pourra souffrir...

[ Conseil municipal du 4 mai 1777 ]
Ledit sieur maire représente à l'assemblée que le nouvel hôtel de ville qui avait été donné en fort fait à François Michel pour le prix de cinq cent livres, suivant la délivrance à lui faite le dixième avril mil sept cent soixante quinze, dûment contrôlée le même jour par maître Martini est fini. Il conviendrait de faire faire un rapport de vérification, mais comme la le susdit fort fait est dressé en règle, et que, si l'assemblée trouve bon de se dispenser de le faire, et de payer audit Michel les cent vingt livres qui lui restent....
L'assemblée pleinement instruite du fort fait dudit nouvel hôtel de ville, de ce qu'il est fait suivant les obligations contractées par ledit François Michel, et que véritablement il y a encore quelque chose à faire, qui se peut monter à trente cinq livres, que ledit François Michel, ici présent, délaisse à la communauté pour faire faire elle même ces menues réparations, et qu'au moyen des quatre vingt cinq livres qu'il déclare avoir reçu tout présentement du sieur Jean Joseph Vitalis, trésorier de la communauté l'aquitte et se tient pour content et satisfait d'avoir reçu en son temps les trois cent quatre vingt livres du susdit forfait, et promet ne jamais à l'avenir en faire aucune demande à la communauté. Et l'assemblée, pour et au nom de ladite communauté, quitte ledit François Michel, de toute les obligations qu'il peut avoir contracté suivant la susdite délivrance du susdit jour d'avril mille sept cent soixante quinze.

Le plus curieux de toute cette affaire, c'est, qu'à partir de cette date, plus aucune mention n'est faite de ce bâtiment, et que les conseils de ville continueront de se dérouler "dans le logis de la Pomme à défaut d'hôtel de ville", jusqu'en 1790.

Où avait été construit cet Hôtel de ville ?
Un premier indice est fourni quelques paragraphes plus haut :
La construction est décidée "à côté de la succursale de la communauté", or , à cette époque, du point de vue paroissial, Belcodène est une succursale de la paroisse de Fuveau. "A côté de la succursale", signifie donc "à côté de l'église". Cette hypothèse est confirmée car en 1790 le conseil se déroule "dans la maison curiale servant de maison commune de ce lieu de Belcodène". Et si celà n'était pas suffisant, on peu lire en 1842 "notre maison commune qui sert aussi de sacristie" (voir ci-dessous).
Les restes de cet "hôtel de ville" construit par François Michel, sont donc encore visibles aujourd'hui sur l'arrière de la chapelle Saint Jacques.

[ Conseil municipal du 10 Août 1833 ]
Monsieur le président a exposé que le bâtiment servant autrefois et de sacristie et de maison commune se trouvant depuis nombre d'années sans toiture et dans un état de dégradation qu'il pourrait résulter la ruine totale de ce bâtiment si on les laissait plus longtemps en cet état.
Monsieur le président a présenté au conseil le devis des réparations jugées indispensables pour prévenir la destruction entière de ce bâtiment ; lequel devis dressé par monsieur Ozo, expert géomètre, s'élève à la somme de 751 f. 78 c.
Considérant que le fait est notoirement connu de tous les membres du conseil et même de tous les habitants de la commune. Le conseil municipal, vu l'urgence, délibère que ledit devis sera immédiatement soumis à l'approbation de Monsieur le Conseiller d'Etat, préfet de ce département, qui sera prié de donner une autorisation pour qu'il soit procédé sans aucun retard à l'exécution des travaux et réparations. Laquelle dépense sera imputée sur les fonds libres de la commune et qui se trouvent déposés dans la caisse de service.

L'ancienne Mairie.

Ce n'est qu'en 1842 que fut décidé la construction d'une Maison Commune plus près du centre du village

[ Conseil municipal du 8 mai 1842 ]
Messieurs, notre maison commune qui sert aussi de sacristie se trouve située, comme vous savez, dans un lieu désert et éloigné de toute habitation ; les archives ne sauraient être dans ce bâtiment en lieu de sûreté, et il ne dépend que de la volonté du premier malfaiteur pour nous les enlever, sans crainte d'être vu ni détourné, par qui que ce soit, dans son forfait. Il serait donc convenable, dans l'intérêt de tous, de penser au transfert de la maison commune que l'on pourrait placer, soit au hameau des Basses-Bastides, soit dans celui des Hautes-Bastides, où elle serait beaucoup plus apportée et plus commode en même temps pour nous lors de nos réunions ; et nous préviendrions ainsi les craintes que je viens de vous témoigner; mais pour donner suite à ce projet, il serait nécessaire de faire une coupe extraordinaire dont le produit joint à la somme qui se trouvé déposée à la caisse de service nous mettrait à même de faire face à la dépense de cette construction.

Puis, comme la construction d'une école devient nécessaire, le projet est modifié pour regrouper les besoins :

[ Conseil municipal du 2 avril 1845 ]
Monsieur le maire a dit : J'ai l'honneur de mettre sous les yeux du conseil, les plans et devis que j'ai fait dresser à Mr Gibausset, architecte de Marseille, pour la construction d'un bâtiment destiné à servir de maison d'école et dans lequel un appartement a été réservé pour la mairie...

Mais des difficultés surviennent pour l'acquisition d'un terrain, et c'est en 1847 que le maire, Lazare Estienne, décide de vendre, à cet effet, une de ses vignes à la commune :

[ Conseil municipal du 13 juin 1847 ]
Messieurs, le devis des travaux de la construction de la maison d'école dressé par Mr Gibausset, architecte, porte que cette maison sera érigé sur un terrain appartenant à Mme de Caumont ; Cette dame s'étant refusée de céder son terrain, il a fallu nécessairement jeter les yeux ailleurs et chercher un autre emplacement. Nos tentatives auprès d'autres propriétaires n'ont pas été plus heureuses, les uns ont des prétentions exorbitantes et demandent de leurs terrains des prix inadmissibles, les autres s'obstinent à ne pas vouloir vendre à quel prix que ce soit. La voie de l'expropriation forcée pour cause d'utilité publique nous est bien ouverte, mais ce moyen nous le savons tous, entraîne à des longueurs interminables et à des frais que le peu d'importance de l'objet à requérir ne demande certainement pas d'y recourir. Dans cet état de mauvais vouloir de ces propriétaires, vous vous êtes ravisés que la petite pièce de vigne que je possède à l'ouest et tout près du hameau des Basses Bastides se trouve convenablement situé pour y construire la maison d'école. Désirant mettre un terme et un accomplissement à l'exécution de ce projet de construction, je consens à céder de suite à la commune quatre cent mètres de terrain qui peuvent être nécessaire pour l'érection de cet établissement au prix par vous fixé de soixante et quinze centimes le mètre.


Le nouvel Hôtel de Ville.

Le nouvel Hôtel de ville a été conçu de manière à y englober l'ancienne mairie. Les travaux ont commencé le 1er Octobre 1996. .

Maquette du nouvel Hôtel de Ville - Le début des travaux. (Photos : "Lou Messagiè")

L'inauguration a eu lieu le 14 février 1998.

L'Inauguration. (Photo : "Lou Messagiè")

L'Hôtel de Ville aujourd'hui ( à gauche l'ancienne mairie/école ).

© Max Derouen