Belcodene : Encyclopédie communale : Henri de Gérin Ricard : Articles.


[ Revue des Etudes anciennes, 1914, Série 4, Année 36, Tome 16, page 333 ]


VOIE ANTIQUE DE MASSILIA A TRITTIA

   La voie antique qui va de Marseille à Trets et se prolonge même jusqu'à Pourcieux, où elle rejoint la voie aurélienne, est parfaitement reconnaissable surtout du Terme de Peypin jusqu'à Roquefeuil. Sa largeur varie de 4 à 6 mètres. Sa direction générale est SE-NO ; elle se raproche autant que possible de la ligne droite, longe les plateaux et le fond des vallons en évitant de décrire des lacets. Les vestiges antiques (mutatione de Valdonne, villae rusticae, tombeaux allant du règne d'Auguste à l'époque mérovingienne), sont fréquents le long de cette voie et une charte de 1098 (Cartul. de S.-Victor, n°224), l'appelle via publica ; elle fut utilisée pendant de longs siècles puisqu'elle portait encore, en 1744, le titre de "route royale de Marseille à la Montagne par Saint-Maximin". Elle suit constamment au sud, mais à une distance assez grande en certains endroits, la route nationale n° 8 bis dont la construction, de la Bourdonnière (Allauch) à la Pomme (Belcodène), ne remonte qu'au règne de Louis-Philippe ; mais tandis que cette route compte 26 kilomètres de Trets à la Fave (Allauch), la voie antique en comprends moins de 20.
   Sur son parcours, elle comportait des ramifications secondaires, notamment : 1° sur le plateau de Belcodène où un chemin, empruntant le vallon de l'Homme mort, se dirigeait vers le sud, c'est à dire vers la vallée d'Auriol et de Garguier : et 2° à la Pomme, un chemin conduisant vers Peypin et le massif de Garlaban, presque en ligne droite¹.

H. de GERIN-RICARD

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1. Statistique des Bouches-du-Rhône, t. II, p. 315 ; H. de Gérin-Ricard, Monogr. de la commune de Peypin, etc. 1900, p. 8 (= Mém. de l'Acad. de Vaucluse, 1900) ; le même, Les antiquités de la vallée de l'Arc, Aix, 1907, p. 115 et 116 ; le même : Mines et Mineurs autrefois et aujourd'hui, Valence, 1908, p. 51. (Répert. des travaux de la Soc. de Statistique de Marseille, 1908, t. XI, VII.)



© Max Derouen