Belcodene : Encyclopédie communale : Henri de Gérin Ricard : Articles.


[ Revue des Etudes anciennes, 1914, Série 4, Année 36, Tome 16, page 329 ]


ENCEINTES ET HABITATS DES ENVIRONS DE MARSEILLE.

(PREMIÈRE LISTE)
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   1. — SAINT-ANTOINE près MARSEILLE. A demi-heure de marche au nord-ouest du village, sur la limite des communes de Marseille et de Septèmes, mamelon surmonté d'un plateau de deux hectres, entièrement occupé par une enceinte avec murs flanqués de tours carrées de dix mètres en dix mètres sur les côtés nord et ouest. Je n'ai pas constaté de traces de tours sur les deux autres côtés. Les escarpements qui entourent ce plateau, fortement incliné vbers l'ouest, offrent quelques abris sous roche et c'est ce qui a donné au quartier le nom de «Les Baumillons» ou «Les Baumettes». L'enceinte dépend de la campagne dite l'Espagnole.
   C'est le seul retranchement avec tours carrées que j'aie jamais rencontré dans la région. j'ai recueilli sur le sol des fragments de meules en basalte, de la poterie indigène à grains de carbonate de chaux et paillettes de mica (abondante), de la poterie grise unie (rare), et de la vaisselle campanienne à vernis noir des deux côtés (rare), mais pas de poterie sigilée (fig. 1).
   Il existe des sources au pied du castellum, du côté des Mayan :
   Belle situation. Altitude, 270 mètres environ.
   Bibliogr. : H. de Gérin-Ricard , Comptes rendus du Congrés international archéologique et anthropologique, tenu à Monaco en 1906, t. II, p. 246 et fig. 14.
   Cotte et Martin-Tabouret, 1907, Bulletin de la Société Préhistorique de France, t. IV, p. 25 et 494.
   Chaillan, Les paroisses du diocèse d'Aix, 1911, t. III, p. 215, et Sémaphore, 1912, a donné à ce lieu le nom de camp Jussion et de

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camp Long. L'identification de l'oppidum avec ce lieudit est possible mais elle a l'inconvénient de prêter à équivoque au sujet de la priorité de l'inventeur. (M. Chaillan a fait la même pour le Baou-Rouge d'Auriol, que j'ai signalé dès 1906 et qu'il appelle, en 1913, Baou deï Caroubi, d'après Gilles, Le Pays de Marseille 1913, p. 15.) Le nom ancien de ce lieu est peut-être Castel-Jusiou (XVIIe siècle), appelé le Cap Juif en 1551, et plus anciennement, vallon de Vay Yutz et Vay jus (1324 et 1343). On peut se demander ce que les Juifs viennent faire dans cette enceinte préromaine qu'ignorait Mortreuil (cf. Dictionnaire topographique de l'arrondissement de Marseille, 1872. Castel Jussion).

   2. — LA MURE (Aygalades). Propriété de la marquise d'Estournel. Près de la ferme, gros murs en pierre sèche de 1.500 mètres de développement¹, ayant appartenu à une enceinte appelée par Gilles (Le pays de Marseille, p. 44) Barri de la Calogue. Superficie : douze hectares avec trois puits. Débris industriens rares (silex, poterie sigillée, tegulae...), position peu forte.

   3. — CASTELLAS, au nord et derrière le Fontainieu, à l'ouest de la gorge qui conduit à la Mûre. Aire très restreinte ; occupation douteuse.
   Bibliogr. : Gilles, Le pays de Marseille, 1913, P. I et 44.

   4. — Le ROUET ou ROT (commune de Septêmes) (habitat), sur les barres de l'Étoile, autour de la chapelle en ruine de Notre-Dame de Rot. Poterie indigène abondante, céramique campanienne.
   Bibliogr. : Abbé Chaillan,, Revue de Provence, 1905, P. 17.

   5. — PEYPIN. Enceinte triple, au haut du Baou de la Cridde (crier, huchée gauloise)? appelée la redoute, propriété Sauvaire-Jourdan, maintenant au marquis de Barthélémy. De ce point, l'on voit le Luberon, Sainte-Victoire, Regagnas, l'Olympe ou Aouripo (? alta rupes), les monts Auréliens La Lare, Sainte-Baume, Roque Fourcade, le revers nord de Garlaban, Collet Redon, l'Étoile, le Puy de Mimet, La Mûre. Altitude : 550 mètres environ (fig. 2).
   Fragments de grands dolii, meules en basalte, amphores, cailloux roulés apportés (? pour les frondes).
   Les murs de la première et de la seconde enceinte ont environ 2 mètres d'épaisseur, ceux de la troisième et dernière, au sommet du rocher 1m50 : ils sont en petits blocs avec talus sans tours ni fossés, absolument comme ceux des enceintes voisines de Belcodène
   En 1903, la fouille d'un silo et d'un creux au point culminant ne

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1. Différentes portions de ce mur, qui représente une somme de travail considérable, ont été — ainsi qu'à Belcodène — utilisées pour la fabrication de la chaux.

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m'ont rien fourni ; des sondages, toujours dans la dernière enceinte, n'ont donné que de la poterie indigène grossière ; le versant ouest semble riche en poteries et offre des traces de murs de cases.
   Bibl. : H. de Gérin-Ricard, Monographie de Peypin, etc., 1900, p. 13. — Congrès de Monaco, 1906, t. II, p. 246 et fig. 16.

   6. — BELCODÈNE. Plusieurs enceintes.
   (Cf. les mêmes publications que ci-dessus : Monogr. de Peypin, Belcodène, etc., p. 33 ; Les antiquités de l'Arc, p. 37 ; Congrès de Monaco, t. II, p. 245, fig. 1 et 2 ; Hermès marseillais, 1826 ; Statistique, II, p. 258; Saurel), Dictionnaire des communes des Bouches du Rhône ; Castanier, La Provence préhistorique.)

   7 et 8. — AUBAGNE. Garlaban. Vigie et retranchaments naturels¹.
   La Motte ou Baux des Gouttes, retranchement sur mamelon conique, escarpé au nord et à l'est, séparé du massif de Garlaban de trois côtés (à pic de 40 à 50 mètres ; au sud, mur de 2 à 3 mètres d'épaisseur). On a recueilli, à la surface, des tegulae, débris d'amphores, vaisselle, notamment la poterie grise dite estampée à rouelles et palkmettes. Les fouilles faites par M. Leyvastre ont donné des monnaies marseillaises en bronze, des monnaies romaines impériales et des bronzes minuscules semblables à ceux trouvés au jeu de boules de la gare d'Aix, poteries préromaines, indigènes, faites à la main, d'autres au tour, poterie grecque et romaine, hameçon et portion de râpe en bronze.
   Bibliogr. : Dr Barthélémy, Histoire d'Aubagne, t. 1, p. 12, d'après La Satistique, et Gilles, Le pays de Marseille, 1913, p. 11.
   Bout de Charlemont et G. Vasseur, Bulletin de la Société archéologique de Provence, 1906, p. 174.

   9. — MARSEILLE SAINT-MARCEL plateau des Marseillais, ou de la Tourette avec poteries indigènes préromaines et grecques, abris sous roche tout autour de l'escarpement ; ce plateau a fourni des monnaies marseillaises en argent. ( Renseignement fourni par un des anciens propriétaires, M. Louis Gay, conseiller général, ancien directeur du Soleil du Midi ). MM. Clerc et Arnaud d'Agnel ont trouvé là de la vaisselle indigène à ondes, mais las vases précorinthiens et les lampes romaines figurées par eux à la suite d'une erreur n'en proviendraient pas.
   Bibliogr. : Clerc et Arnaud d'Agnel, Découvertes archéologiques à Saint-Marcel, dans Bulletin archéologique 1905, p. 262.
   Gilles, Le Pays de Marseille 1913, p. 56².

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1. Il y a là des amas de fer hydraté provennant d'un gisement voisin qu'on croit avoir été utilisé par les Grecs de Marseille et dont l'intendant Le Bret fit reprendre momentanément l'exploitation au XVIIIe siècle ( Statistique, II, p. 811 )
2. Gilles cite aussi (P. 58) le Castrum Massiliense de Saint-Marcel ; j'en arrive : il n'y a rien là de préromain ni même de romain. Les fouilles faites il y a quelques années par le marquis de Forbin d'Oppède n'ont, du reste, rien donné sur ces époques.

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   10. — SÉON SAINT-ANDRÉ. Le Pain de sucre ; habitat ligure comprenant trente-six cases et un donjon, découvert et fouillé par M. S. Clastrier ; poterie de la Tène III, belle situation, dominant la rade de Marseille
   Bibliogr. : H. de Gérin-Ricard, Bulletin de la Société archéologique de Provence, 1907, p. 41 avec plan ;    M. Clastrier, 1908 (Association Française pour l'Avancement des Sciences), a reproduit mon rapport en omettant d'en citer la source.

   11. — AURIOL. Le Baou Rouge, position très forte, à pic de 80 à 100 mètres, communicant avec Regagnas, le Cengle, La Cridde, les retranchements de Belcodène, etc (fig. 3).
Des fouilles pratiquées sur ma demande par le propriétaire, M. P. Négrel, n'ont donné que des fragments de céramique et de moulins franchement romains.
Grand murs au nord.
   Bibliogr. : H. de Gérin-Ricard, Bulletin de la Société archéologique de Provence, 1905, p. 29.
   Bibliogr. : H. de Gérin-Ricard, Congrès de Monaco, 1906, t.II, p. 245 et fig. 15..
   Gilles, Le Pays de Marseille 1913, p. 15.
   Abbé Chaillan, Sémaphore, 18 avril 1913.

   12. — ROQUEVAIRE, enceinte de LASCOURS. (Bout de Charlemont et Vasseur, Bulletin de la Société archéologique de Provence, 1906, p. 175.)

   13. — MARSEILLE VEYRE. (Gilles, passim, et Bout de Charlemont et Vasseur, Bulletin de la Société archéologique de Provence, passim. Bulletin de la Société archéologique de Provence, 1906, p. 175.)

   14. — LA PENNE, traces d'occupation sur l'Autin ou colle de l'Autin (368 mètres d'altitude).

H. de GERIN-RICARD

Marseille, 9 mars 1914.





© Max Derouen