Belcodene : Encyclopédie communale : Henri de Gérin Ricard : Articles.


[ Revue des Etudes anciennes, 1932, Série 4, Année 54, Tome 34, page 236 & 237 ]


Paul Couissin.

   Le 8 mars dernier, après une très courte maladie, mourait à Aix, âgé de quarante-six ans (il était né le 10 avril 1885), Paul Couissin, professeur de littérature latine à la Faculté des lettres (depuis 1927) et dès 1929 conservateur du musée d'archéologie de Marseille, où il avait succédé à Michel Clerc.
   Breton, mais petit-fils d'un Avignonnais tué à la guerre d'Espagne en 1809, Couissin était un latiniste distingué, doué d'un remarquable talent de dessinateur, voire même d'enlumineur ; il était venu tard à l'archéologie. Aussi sa collaboration à la Revue fut-elle récente, mais précieuse, et c'est à elle qu'il a donné ses dernières lignes (ci-dessus, p. 77-80 : Le cheval de guerre à travers les âges ; p. 120-121 : notice sur son prédécesseur au château Borély).
   Il s'était acquis une véritable spécialité dans les questions de l'armement, des peuples antiques surtout, mais aussi d'autres. Après avoir interrogé les textes, il avait relevé sur les originaux existants, sur les reliefs, monnaies, vases à sujets, etc., et par centaines, les types d'armes les plus variés de toutes les civilisations. Son esprit curieux n'avait pas dédaigné non plus de s'attaquer à la question de l'Atlantide (cf. Revue, 1930, p. 288-289).
   Malgré ses multiples occupations, notre si regretté confrère collaborait activement à la Forma orbis Romani pour les Alpes-Maritimes et le Var.
   Il était très aimé de ses élèves, auxquels il prodiguait son temps en conseils et en avis éclairés, et sut aussi s'attirer la sympathie de tous les érudits, intellectuels et artistes de Provence, et même l'affection de plusieurs d'entre eux par son autorité, sa modestie et surtout son extrême obligeance. Sa disparition prématurée est, pour la science et l'université, une perte douloureuse.

H. de GERIN-RICARD




© Max Derouen